Le LCM 9136 (V)

En dehors des opérations au sein de la Dina 6, nous passons le plus clair de notre temps à patrouiller de jour comme de nuit. Nous montrons le plus possible notre présence pour protéger le réseau de navigation, seule voie de communication e de ravitaillement dans le delta. Les patrouilles de nuit sont particulièrement éprou vantes. Pour ne pas être repérés, nous longeons les berges au plus près pour nou: confondre avec la végétation. Nous frôlons les branches des arbres. Le silence est d< rigueur. Il n’est troublé que par le ronronnement de nos moteurs au ralenti et les coassements puissants des crapauds-buffles. Par nuit sans lune ou lorsque la pluie tombe à seaux, l’obscurité est totale ; seule apparaît la pâle lueur de milliers de lucioles, qu s’allument et s’éteignent toutes au même instant dans un arbre. À tour de rôle les veil leurs se relaient sur le toit, et descendent fumer une cigarette à l’abri des regard; ennemis. Personnellement, grâce à ma pipe, je fume sans être vu.

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Avec la nuit, grandit l’angoisse. On a peur des mines, des bazookas ou du tir d’un Viet isolé, qui, embusqué dans la végétation, attendrait notre passage pour ouvrir le feu à l’arme automatique ou au lance-grenades. Après des heures de calme et des journées d’attente, ces attaques nous surprennent chaque fois. À l’intérieur nous sommes entourés de blindage, mais sur le toit, rien ne nous protège. Nous craignons particulièrement les tirs de bazooka. De fabrication locale, bricolés avec de vieux tuyaux d’acier, ils n’en lancent pas moins des projectiles redoutables qui percent les blindages et projettent à l’intérieur de nos engins une grenaille meurtrière. Aucune protection efficace n’existe contre eux, seules la discrétion et la vitesse nous permettent d’échapper à leur tir.

Mais notre vitesse est souvent réduite par le dragage que nous sommes contraints d’effectuer, car les mines sont les armes de nos adver-saires que nous redoutons le plus. Nous avons, à plusieurs reprises, mesuré leurs, effets dévastateurs sur nos engins à fonds plats. Déposées au fond des rivières, elles sont commandées par fil depuis la berge. Contre elles, le dragage est la seule défense efficace. Il est effectué par nos anges gardiens, les « Engins d’Assaut » (ou EA). De fabrication française, ces « véhicules blindés du fleuve », ont l’appui feu pour mission essentielle. Comme les LCM, leurs « grands frères », ils sont fortement armés et blin dés. Comme eux, ils sont couverts d’un toit, mais celui-ci, pentu, est peu confortable. Tels les gendarmes, les EA vont toujours par deux, formant une « section » avec un « amiral » et son « sectionnaire ». Chaque section est commandée par un enseigne de vaisseau.

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Chaque engin est armé par six ou sept hommes qui vivent en permanence dans cette coquille de vingt mètres carrés. En convoi sur le fleuve, une section d’engins ouvre toujours la marche. Elle assure les fonctions d’éclaireur et de guide de navigation, et c’est elle qui effectue le dragage. De chaque côté du fleuve, un engin navigue au plus près du rivage, tractant au bout d’un câble d’une quarantaine de mètres une lourde drague, qui racle le fond pour couper les fils de commande des mines. La mission de dragage est particulièrement dangereuse, car le dragueur n’est pas protégé des mines qu’il neutralise, et parce que, navigant à proximité de la berge, il est une cible facile pour les tireurs ennemis, d’autant plus que la drague qu’il traîne le ralentit et gêne ses manœuvres. En queue du convoi, une autre section d’engin sert de « voiture balai » et de renfort en cas de besoin.

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