16 – 1958, un espoir de courte durée (XVI)

Accident de Jacques Campredon
Le 9 décembre, à Alger où je viens d’apponter sur le Bois Belleau, j’apprends que, la veille, mon ami Jacques Campredon vient d’avoir un accident à Bizerte. Lors d’un vol d’essai le moteur de son avion, parti en survitesse, a pris feu. Jacques a réussi à sauter en parachute, mais il a atterri sur des rochers et il souffre d’un tassement de vertèbres qui va l’immobiliser de longues semaines. J’imagine l’émotion d’Annie, quelques jours avant la naissance de notre troisième enfant, à l’annonce de l’accident de cet ami proche.
Le 12 décembre alors que je me prépare à décoller du Bois Belleau pour ren¬trer à Hyères, nous apprenons que de Gaulle a désigné deux personnes pour rempla¬cer Salan : le général Challe, qui commandera les forces militaires, et Paul Delouvrier, un diplomate inconnu en Algérie, qui assurera la fonction de Délégué Général. On s’interroge sur le sens de cette décision.
Naissance d’Odile

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Trois jours après mon retour à Carqueiranne, Annie est prise, le matin, de contractions. Craignant que l’accouchement soit aussi rapide qu’il le fut pour Claire, je l’accompagne à l’hôpital d’Hyères, où on la garde la journée et où le lendemain, 16 décembre, elle accouche d’une superbe fille, Odile. Le bonheur que nous vivons maintenant tous les cinq nous fait un instant oublier nos deuils récents. Le 21 décem¬bre, alors qu’Annie et le bébé rentrent à la Vigie, nous ne prêtons aucune attention à l’élection ce jour-là de de Gaulle comme Président de la République. Nous sommes plus intéressés par les réactions de Laurent et de Claire devant la nouvelle venue dans notre foyer.
Mort de Bonne-maman
Notre joie est une nouvelle fois ternie par l’annonce de la mort de Bonne- maman, dans la nuit de Noël, à Djidjelli. Elle, qui craignait tant la mort, s’est éteinte en dormant à l’heure de la messe de minuit. Ainsi disparaît ce personnage exception¬nel que j’ai tant admiré et aimé. Elle est morte sur la terre où, arrivée à l’âge de trois ans, elle avait fixé ses racines. Je songe aux deux jours passés cet été auprès d’elle et aux inquiétudes dont elle m’avait fait part sur l’avenir de l’Algérie. Elle était la der¬nière survivante des premiers membres de notre famille à s’installer à Djidjelli. Avec elle s’achève une époque. Odile, dernière née de ses arrière-petits-enfants, est la soixante-quinzième descendante de Bonne-maman en vie le jour sa disparition.

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